Inclusion financière et microfinance : un levier de développement
L’inclusion financière correspond à la possibilité pour les populations d’accéder et d’utiliser des services financiers de base tels que le compte de paiement, l’épargne ou le crédit. En Afrique centrale, où une part importante de la population reste en dehors du système bancaire classique, la microfinance constitue un levier clé pour renforcer cet accès et soutenir le développement économique.
Inclusion financière en Afrique centrale : où en est-on ?
Selon la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), le taux d’inclusion financière dans la zone CEMAC était estimé à 32 % en 2021. Ce chiffre inclut les comptes détenus dans les banques, les établissements de microfinance et les services de paiement mobile effectivement utilisés.
Dans le détail :
- le taux de bancarisation strict (comptes bancaires uniquement) était de 12 % ;
- le taux de bancarisation élargi, intégrant les établissements de microfinance (EMF), atteignait 22 %.
Ces données montrent que moins d’un adulte sur trois utilise aujourd’hui des services financiers formels en Afrique centrale, ce qui confirme l’importance de solutions adaptées pour élargir l’accès financier dans la sous-région.
La microfinance : un pilier de l’inclusion financière dans la CEMAC
Des analyses économiques indiquent que l’accès à des crédits de microfinance a un effet positif et significatif sur la consommation des ménages à long terme, ce qui signifie que ces ménages peuvent mieux satisfaire leurs besoins essentiels et investir dans leur activité économique.
Dans la zone CEMAC, les établissements de microfinance (EMF) jouent un rôle tangible dans l’inclusion financière :
- En fin 2024, les institutions de microfinance de la CEMAC ont accordé environ 1 039 milliards FCFA de crédits aux agents économiques ;
- Le Cameroun concentre près de 57,6 % de ces crédits, ce qui reflète le poids du secteur de la microfinance dans ce pays ;
- Le total bilan des EMF de la CEMAC est passé d’environ 1 514 milliards FCFA en 2019 à 1 946 milliards FCFA en 2023, traduisant une croissance soutenue du secteur ;
- Sur la même période, les dépôts collectés sont passés de 828 milliards FCFA à 1 489 milliards FCFA, signe d’une confiance accrue des populations envers ces institutions.
Ces chiffres montrent que la microfinance contribue efficacement à rapprocher les services financiers des populations souvent exclues des circuits bancaires traditionnels.
Les effets sur le développement économique
L’inclusion financière, soutenue par la microfinance, agit comme un levier de développement durable pour plusieurs raisons :
1. Accès au financement pour les micro-entrepreneurs
Les micro-entrepreneurs et petites entreprises, particulièrement dans les zones rurales ou informelles, peuvent accéder à des microcrédits pour développer leurs activités, acheter des intrants ou investir dans des équipements essentiels.
2. Augmentation du bien-être des ménages
L’accès à l’épargne formelle et à des crédits adaptés aide les ménages à gérer les risques financiers, à consommer de manière plus prévisible et à investir dans l’éducation ou la santé de leurs familles.
3. Renforcement de l’économie locale
La circulation de l’épargne et du crédit au niveau local stimule les activités économiques, favorise la création d’emplois et renforce la résilience économique des communautés.
Conclusion : un levier incontournable pour le développement
L’inclusion financière, portée par un secteur de la microfinance en croissance, constitue un levier stratégique de développement en Afrique centrale. Les données de la CEMAC montrent des progrès réels, mais aussi un important potentiel à exploiter. Le renforcement des infrastructures financières régionales et l’interopérabilité des services restent essentiels pour accélérer une inclusion financière durable et inclusive.


