Qu’est-ce que l’interopérabilité ?
L’interopérabilité, dans le domaine des paiements, désigne la capacité pour des systèmes différents (banques, mobile money, cartes, applications) de communiquer entre eux et de permettre des transactions sans rupture, quel que soit l’opérateur ou l’institution utilisée par le client.
Concrètement, cela signifie qu’un utilisateur peut :
- envoyer de l’argent d’un portefeuille mobile vers un compte bancaire,
- envoyer de l’argent d’un compte bancaire vers un portefeuille mobile
- recevoir de l’argent d’un portefeuille mobile ou un compte bancaire
- payer chez un commerçant sans se soucier de la banque ou de l’opérateur du terminal,
- Retirer de l’argent à un distributeur automatique de billets (DAB), même lorsque la carte bancaire n’a pas été émise par la banque propriétaire du DAB.
En zone CEMAC, cette interconnexion est assurée par le GIMAC.
Le rôle du GIMAC dans l’interopérabilité
Le Groupement Interbancaire Monétique de l’Afrique Centrale (GIMAC) est le switch régional qui assure l’interconnexion des différents acteurs de l’écosystème des paiements électroniques en Afrique centrale, notamment les banques, établissements financiers, institutions de microfinance et opérateurs de mobile money, sous la supervision de la BEAC.
Son objectif est clair : permettre aux systèmes de paiement de fonctionner ensemble de manière fluide, sécurisée et standardisée à l’échelle régionale.
GIMACPAY : le socle technique de l’interopérabilité
L’interopérabilité repose principalement sur GIMACPAY, la plateforme monétique régionale mise en service en 2020.
Cette plateforme joue le rôle de hub central qui :
- connecte les systèmes des banques et des opérateurs de mobile money,
- traite les transactions interbancaires et interopérables,
- assure la compensation et le règlement des opérations FCFA.
Grâce au GIMACPAY, une transaction peut circuler d’un système à un autre, tout en respectant les règles techniques et de sécurité.
Un cadre réglementaire harmonisé
L’interopérabilité ne repose pas uniquement sur la technologie. Elle s’appuie aussi sur un cadre réglementaire commun, défini par la BEAC, notamment à travers l’Instruction n°001/GR/2018 relative à la définition de l’étendue de l’interopérabilité et de l’interbancairité des systèmes de paiement monétiques dans la CEMAC.
Ce cadre impose :
- des règles identiques pour tous les acteurs,
- des obligations de conformité et de sécurité,
- des exigences claires pour l’intégration des systèmes au réseau GIMAC.
Résultat : chaque acteur parle le même langage réglementaire, ce qui réduit les frictions et renforce la confiance.
Des standards techniques et de sécurité communs
Pour garantir des échanges fiables, le GIMAC impose :
- des standards techniques partagés (protocoles de communication, formats de messages),
- des mécanismes de sécurisation des transactions (authentification, traçabilité, lutte contre la fraude),
- une supervision continue des opérations monétiques.
Cette approche permet de protéger à la fois les utilisateurs finaux et les institutions connectées.
Des impacts concrets pour les usagers et les entreprises
L’interopérabilité garantie par le GIMAC se traduit par des bénéfices tangibles :
- simplicité d’usage pour les clients,
- élargissement des services pour les banques et opérateurs,
- réduction des coûts de transaction,
- accélération de l’inclusion financière dans la zone CEMAC.
Aujourd’hui, des millions de comptes bancaires et de portefeuilles mobiles peuvent interagir grâce à cette infrastructure régionale.


